C.1.2. Dossier de surendettement recevable ou irrecevable
Pour que votre dossier soit examiné par la commission de surendettement, vous devez vous assurer de remplir les conditions nécessaires : être Français ou simplement résident français et avoir des créanciers exerçant en France, être honnête et en réelle incapacité de vous en sortir.
Si tel est le cas, vous devrez remplir le formulaire Cerfa n° 13594*01, joint entre autres à une lettre expliquant votre situation, une pièce d’identité, vos justificatifs de charges non payées ou encore vos relevés de vos prêts. Le dossier à constituer est assez volumineux : prêtez-y bien attention pour ne pas voir votre demande rejetée !
Suite à une analyse de celui-ci, deux options sont possibles : votre dossier de surendettement est recevable, ou non.
Si votre dossier de surendettement est irrecevable, alors vous pourrez faire appel grâce à une lettre recommandée avec accusé de réception, ou bien envisager une solution qui vous sera plus favorable.
C.2. Dossier de surendettement recevable : quelles perspectives ?
Dans le cas du surendettement des particuliers propriétaires, la commission de surendettement peut envisager deux situations :
- Vos dettes sont remboursables. Auquel cas, garder sa maison en surendettement est tout à fait possible, moyennant un plan conventionnel de redressement s’étalant sur 7 ans. Le plan de surendettement sera établi en concertation avec la commission, le débiteur et les créanciers ;
- Vos dettes ne semblent pas remboursables : vous devrez passer par une liquidation judiciaire pour que celles-ci soient épongées. Dans ce cas, une partie de vos biens non essentiels sera vendue.
Vous souhaitez savoir s’il est possible de vendre sa maison avec un dossier de surendettement ? La réponse est oui ! Mais attention : dans votre situation délicate, les prises d’initiative sont assez malvenues. Avant d’envisager quoi que ce soit, il vous faudra donc une autorisation de la commission de surendettement. Pourquoi ? Tout simplement parce que vos créanciers disposent d’un droit de gage sur tous vos biens, à partir du moment où vous ne respectez pas vos engagements à payer.
Déposer un dossier de surendettement à la Banque de France est donc un autre moyen très intéressant de voir vos dettes s’effacer ou de mettre sur pieds un plan de redressement efficace.
D. Procédure de rétablissement professionnel
D.1. Procédure de rétablissement professionnel pour entreprises en difficulté
D.1.1. A qui s’adresse la procédure de rétablissement professionnel ?
La procédure de rétablissement professionnel vise à aider les entrepreneurs à régler leurs dettes. Mise en place depuis le 1er juillet 2014, elle permet d’éviter la liquidation judiciaire.
Ainsi donc, si vous vous trouvez en état de cessation de paiement, que votre actif ne vous permet pas de régler vos dettes et que vous ne savez pas comment vous en sortir, la procédure de rétablissement professionnel sans liquidation devrait vous être d’une aide précieuse !
En termes de conditions, pour pouvoir bénéficier de l’effacement de vos dettes, il vous faut au minimum :
- être un entrepreneur individuel, sans employé (donc EIRL exclues) ;
- exercer votre activité depuis au moins une année sans cessation ;
- vous trouver dans une situation de cessation de paiement ;
- ne pas disposer d’un actif supérieur à 5000€.
D.1.2. Description de la procédure de rétablissement professionnel
En cas de dettes non payées, une procédure de rétablissement professionnel est très intéressante. Pour ce faire, il vous faut dans un premier temps remplir le formulaire Cerfa n° 10530*01 et réaliser une demande, jointe à une lettre explicative pour procédure de rétablissement professionnel, auprès du tribunal.
Celui-ci donnera ensuite son feu vert pour ouvrir une enquête relative à votre situation. Suite à cette procédure, d’une durée de quatre mois, et si toutes les conditions sont remplies, alors la clôture de la procédure de rétablissement professionnel pourra être prononcée. Vos dettes, elles, seront effacées, incluant uniquement celles présentées au juge et antérieures au jugement d’ouverture.
Prenez bien garde à être de bonne foi dans ce que vous présentez, pour ne pas vous retrouver à subir une liquidation judiciaire !
D.2. Procédure simplifiée de rétablissement professionnel sans liquidation
Si la procédure simplifiée de rétablissement professionnel pour auto-entreprises est si efficace, c’est justement en raison de sa facilité administrative. Enquête rapide, démarche à la durée optimisée : tout est mis en place pour vous permettre de retrouver votre sérénité aussi vite que possible.
Toutefois, il peut rester des dettes non payées à l’issue d’une procédure de rétablissement professionnel. Celles-ci sont de plusieurs ordres :
- vos dettes salariales ;
- celles que vous devez dans un cadre pénal ;
- les dettes accumulées à la suite du jugement d’ouverture ;
- celles acquises auprès de vos cautions ;
- les pensions alimentaires et dettes en lien avec les personnes.
Vous croulez sous les dettes et êtes à la recherche d’une démarche susceptible de vous sortir de votre situation, mais n’êtes pas un auto-entrepreneur ? Alors d’autres solutions, telles que le redressement judiciaire, sont à privilégier.
E. La procédure de redressement judiciaire pour les professionnels
E.1. Qui peut demander une procédure de redressement judiciaire ?
E.1.1. Procédure de redressement judiciaire : définition
La demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire peut être émise par tous types d’entreprises et d’indépendants, se trouvant en situation de cessation de paiement. Le but est de leur permettre de remettre à plat leurs finances, en réglant leurs dettes et en se penchant également sur le passif de ces entités. De cette manière, il sera possible de poursuivre sereinement votre activité, en maintenant vos employés à leur poste.
Pour faire une demande de procédure de redressement judiciaire, il faut donc que l’actif soit inférieur aux dettes accumulées au niveau du passif de la société, faisant qu’elle n’est plus en mesure de régler ce qu’elle doit à ses créanciers.
E.1.2. Différence entre procédure de sauvegarde et redressement judiciaire ?
Procédure de sauvegarde ou redressement judiciaire ? Dans le premier cas, la situation de cessation de paiement a été anticipée, faisant que le redressement est encore évitable. L’avantage majeur de la procédure de sauvegarde face au redressement judiciaire est donc de vous laisser une certaine autonomie, que vous perdriez en attendant d’être dans une situation irrémédiable.
En effet, si le redressement va vous aider à voir le bout du tunnel, il donne aussi naissance à de nombreuses contraintes. Contrairement à la procédure de sauvegarde, le redressement judiciaire implique entre autres que :
- Vous n’êtes plus seul à pouvoir demander d’ouvrir la procédure, vos créanciers en étant désormais aussi capables. L’assignation devant tribunal durant une procédure de redressement judiciaire est donc fréquente ;
- Le juge commissaire est en mesure de réduire la rémunération du dirigeant de l’entreprise;
- Vous ne pouvez plus licencier librement vos employés, sans l’accord du juge ;
- Vous n’êtes plus libre de gérer votre entreprise comme bon vous semble ;
- Vous n’avez plus le loisir de renégocier vos délais de paiement ou de vous organiser de façon confidentielle avec vos créanciers. Accord de conciliation et procédure de redressement judiciaire sont donc incompatibles.
La conversion d’une procédure de sauvegarde en redressement judiciaire a donc lieu dès lors que la cessation de paiement est actée. Et à partir de ce moment-là, la procédure devient publique. Autant dire qu’il vaut mieux anticiper, pour pouvoir conserver une plus grande autonomie en tant qu’entreprise ! Dès lors que vous vous sentez en difficulté, n’hésitez pas à demander une procédure de sauvegarde, qui vous évitera certainement le redressement.
E.1.3. Quelques conditions à remplir
Pour obtenir l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, il faut remplir certaines conditions. Dans un premier temps, vous devez être en état de cessation de paiement depuis moins de 45 jours. Passé ce délai, il sera trop tard pour en faire la demande vous-même et le Procureur de la République, voire encore vos créanciers, seront les seuls à pouvoir le réaliser.
E.2. La procédure de redressement judiciaire simplifiée
E.2.1. Jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire
Suite à la cessation des paiements, vous pouvez demander de lancer une procédure de redressement judiciaire. L’assignation d’un créancier durant une procédure de redressement judiciaire est aussi possible ! De même, le redressement judiciaire implique la mise en cause des organes de la procédure.
Par la suite, c’est le ministère public qui décidera de s’orienter vers le redressement ou la liquidation.
Le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, donne lieu à une période d’observation.
E.2.2. Procédure de redressement judiciaire : période d’observation
La période d’observation, qui s’étale sur une durée de 6 mois renouvelable à deux reprises, va permettre de faire le point sur la situation économique de l’entreprise. Un bilan est réalisé, ainsi qu’une enquête sur les causes ayant mené à cette situation.
Au cours de la période d’observation, les poursuites sont suspendues et les créances passées n’ont pas à être réglées, de manière à permettre une poursuite d’activité aussi normale que possible.
E.2.3. Les différentes solutions
Suite à la période d’observation, il devient possible de s’orienter vers plusieurs solutions :
• Fin du redressement judiciaire. Celle-ci est décidée s’il apparaît que l’entreprise est en mesure de s’acquitter de ses dettes et de reprendre son activité ;
• Procédure de redressement judiciaire : plan de continuation. Si vous ne parvenez bel et bien pas à régler vos dettes, mais que votre entreprise demeure viable, c’est la solution qui sera certainement envisagée. Le but, ici, est de mettre en place un plan de redressement d’une durée maximale de 10 ans, visant à retrouver une situation normale. Elle inclut également une potentielle restructuration de l’entreprise. En termes de suivi, c’est un commissaire à l’exécution du plan qui supervisera le bon déroulement des procédures. En cas de non-respect, le débiteur s’expose à une liquidation judiciaire.
• Cessation d’activité ou liquidation judiciaire, dans les cas les plus extrêmes.
E.3. Avantages et inconvénients d’une procédure de redressement judiciaire
Même si elle implique des contraintes, il faut bien noter que la procédure de redressement judiciaire vous aidera à sortir la tête de l’eau. Quelle qu’en soit l’issue, le but est que vous puissiez retrouver votre sérénité financière, votre autonomie et une activité qui marche !
Un grand avantage de la procédure de redressement judiciaire est aussi relatif au gel des dettes et des créances lors de la phase d’observation. Pour pouvoir faire un état des lieux de la situation, celle-ci doit être aussi stable que possible, impliquant donc que les poursuites à l’encontre de l’entreprise concernée soient suspendues.
Si vous devez faire face à une procédure de redressement judiciaire, liée à votre propre demande ou à une assignation, cela signifie que votre situation pourra se décanter sous peu. Bien entendu, si vous le pouvez, il vaut mieux initier une procédure de sauvegarde en amont, vous garantissant un champ d’action plus étendu.
F. La vente à réméré, un compromis extrêmement avantageux
F.1. La vente à réméré, une option trop peu exploitée
F.1.1. Vente à réméré : définition
La vente à réméré, c’est quoi ?
« La faculté de rachat est un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue, moyennant la restitution du prix principal et le remboursement dont il est parlé à l’article 1673 »
Article 1659 du Code Civil, Modifié par LOI n°2009-526 du 12 mai 2009 – art. 10
Selon cette définition juridique de la vente à réméré, celle-ci apparaît donc comme la vente d’un bien immobilier, avec faculté de rachat. Si vous être un propriétaire en situation de surendettement, envisager cette opportunité vous permettra donc d’éponger toute ou partie de vos créances, en gardant la possibilité de reprendre possession de votre logement à court ou moyen terme. Un autre point fort lié à cette solution : vous demeurez le locataire de votre bien, au moins jusqu’à la clôture de cette période.