D. Comment assurer un réméré ?
En principe, lors d’un surendettement conséquent, les institutions financières ne favorisent pas la souscription de nouveaux emprunts pour le régler. Ainsi, pour appuyer votre plan de restructuration, elles vous proposent une vente à réméré, autrement connue sous le nom de « vente avec faculté de rachat ».
D’après son étymologie, ce mot de réméré vient du latin « redimere », qui a pour signification « racheter ». Cette pratique accorde au vendeur une faculté de réméré sur son patrimoine vendu. Pour ce faire, il pourra le racheter selon un prix de vente fixé au préalable, via une indemnisation mensuelle ou annuelle, en fonction du contrat avec l’acquéreur. Dans cette optique, une vente en réméré nécessite la mise en place d’un plan de redressement précis, dans le but de vous relever après un surendettement.
D.1. Les risques de la vente à réméré
Toutefois, il faut noter que la vente à réméré présente un risque de perte de votre possession, dans le cas où vous n’auriez plus les moyens de le récupérer. Par conséquent, vous devez avoir la capacité financière suffisante pour disposer de la totalité des fonds requis. A défaut, à la fin du délai stipulé dans votre contrat de vente à réméré, vous n’aurez pas la possibilité de garder votre patrimoine.
Durant la durée de la procédure, le vendeur pourra continuer à habiter dans son réméré immobilier, sur la base d’un contrat avec l’acquéreur, incluant des frais d’occupation. Dans ce cas, il n’est généralement pas question de bail ni de loyer, mais plus tôt d’une convention d’occupation précaire et d’indemnités.
D.2. Les 3 étapes clés du réméré
Une opération de réméré comporte 3 étapes successives, pour garantir son bon déroulement. Les voici !
D.2.1. Trouver l’acheteur ou l’organisme de vente à réméré
Dans un premier temps, vous devez trouver un acheteur n’ayant pas pour but d’acquérir votre bien, afin de constituer un parc immobilier à moindre prix. En effet, il est important de privilégier le contact avec une personne qui tient à vous aider, en vous accordant par exemple des indemnités mensuelles abordables. Une décote s’applique généralement sur le bien immobilier. Les organismes professionnels, tels que Caritey Réméré, peuvent vous accompagner dans cette sélection.
D.2.2. La signature du contrat
Par la suite, il vous revient de déterminer ensemble les clauses d’un contrat de vente à réméré. On peut en mentionner de multiples, qui stipulent notamment :
- La durée de validité qui ne doit pas excéder les 5 ans, et durent généralement 12 à 18 mois en pratique ;
- Le montant des indemnités d’occupation. Durant cette période, le vendeur (vous) peut effectivement occuper les lieux, tout en retrouvant sa situation financière. En contrepartie, il verse une indemnité d’occupation au nouveau propriétaire-investisseur ;
- Le montant d’achat ainsi que la répartition du solde éventuel (utilisation d’un compte séquestre, versement par anticipation des indemnités d’occupation,…) ;
- La clause de rachat selon le prix convenu au début du contrat.
Suite à cette démarche, vous pourrez prétendre à un nouveau prêt immobilier auprès des institutions financières, et ce, à un taux compétitif.
Bon à savoir : le contrat est un acte notarié.
D.2.3. Le rachat de votre logement
La dernière étape de la vente à réméré concerne le rachat du bien immobilier proprement dit, de la part de l’ancien propriétaire. En effet, cette phase permet de savoir si l’acquéreur récupère son investissement, ou s’il devient le nouveau propriétaire avec l’achat à l’amiable de votre bien.
En général, cette pratique vous emmène vers l’équilibre financier et vous offre la possibilité de régler vos dettes. Dans cette optique, vous devez posséder le fonds de rachat nécessaire, avec les indemnités d’occupation, pour récupérer votre patrimoine.
Autrement dit, le pacte de réméré impose un droit exclusif et irrévocable sur le rachat de sa propriété de la part du vendeur.
E. Comment racheter un bien suite à la vente à réméré ?
A l’expiration du délai stipulé dans votre contrat de vente à réméré deux scénarios peuvent survenir, en fonction de votre situation.
Voici donc ce qui peut se produire :
E.1. Vous pouvez racheter 🙂
Dans ce premier scénario, vous avez la possibilité d’exercer votre faculté de rachat pour récupérer votre bien. Cette action est possible si vous avez réussi à réunir le prix d’achat de l’investisseur. En d’autres termes, durant toute la période fixée, vous vous êtes efforcé d’assurer la stabilisation de vos moyens financiers. Pour ce faire, vous avez pu souscrire des prêts au niveau des institutions financières pour pouvoir racheter votre bien.
Autre cas probable : vous avez réalisé des investissements professionnels avec les fonds acquis sur l’opération de réméré. Ces derniers ont porté des fruits, en générant suffisamment de liquidités pour vous permettre d’effectuer le rachat.
E.2. Vous ne pouvez pas racheter 🙁
Dans ce deuxième cas de figure, si vous n’avez pas réussi à réunir assez d’argent pour racheter le réméré immobilier, vous devez céder votre patrimoine. L’investisseur devient alors le propriétaire légal du local et peut en disposer à sa guise. Il peut donc décider de le vendre, de le louer, ou même de l’occuper.
En cas de remise sur le marché immobilier, deux issues complémentaires peuvent alors se présenter.
E.2.1. Le réméré est toujours valide 🙂
Après avoir acquis l’immeuble, l’investisseur peut initier sa mise en vente au prix du marché. En général, ce montant est plus élevé que le prix invoqué dans le contrat ou que le tarif décoté. Par la suite, le notaire répartit l’argent de manière à ce que les deux parties reçoivent leur juste part. Par conséquent, il doit distribuer en priorité à l’acquéreur son investissement, plus les frais d’occupation du vendeur.
E.2.2. Le réméré n’est plus valide 🙁
Certains critères peuvent suspendre la faculté de réméré et annuler la validité des clauses :
- La première raison se réfère au dépassement de la date de fin de validité du droit de rachat ;
- De la même manière, cette validité est rompue lorsque le vendeur ne paie pas l’indemnité d’occupation. Pour rappel, celle-ci est fixée dès le début du contrat de vente à réméré ;
- Finalement, l’opération de réméré peut être annulée en cas de dégradation ou de manque d’entretien du local.
Pour résumer, le réméré correspond à la vente temporaire d’un bien immobilier à un investisseur, sous la surveillance d’un notaire. Cet acte permet au vendeur de bénéficier de suffisamment de temps pour se redresser financièrement et racheter son patrimoine, tout en gardant son statut. Par principe, une vente en réméré vous permet de mettre en place une restructuration financière, dans le but de racheter votre bien. Dans ce cadre, les institutions financières vous aideront à préparer un plan à l’avance, afin de rembourser votre investisseur. A l’origine, la vente à réméré est une activité spécialement entreprise par les établissements bancaires et les professionnels de l’immobilier. Par la suite, elle s’est démocratisée et de nombreux protagonistes s’y sont intéressés, notamment les particuliers.
Cela vous permet aujourd’hui d’avoir de nombreuses opportunités de rééquilibrer votre situation financière, en cas de difficultés !